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Le ministère français des Affaires étrangères et europénne (MAEE) a fait appel à l’Institut français de recherche pour le développement (IRD), au titre de sa fonction d’agence, pour coordonner le Fonds de solidarité prioritaire FSP RIPIECSA (Recherche interdisciplinaire et participative sur les interactions entre les écosystèmes, le climat et les sociétés d’Afrique de l’Ouest).
Le FSP RIPIECSA a plusieurs objectifs :
• promouvoir des recherches interdisciplinaires sur les impacts environnementaux et sociétaux des changements climatiques, rapprocher les savoirs locaux et les connaissances scientifiques, impliquer la société civile et partager la réflexion avec les gouvernements,
• renforcer les communautés scientifiques d’Afrique de l’Ouest dans le domaine du changement climatique par des recherches en partenariat, l’organisation de forum de discussion, l’appui à la formation, aux observations et aux réseaux d’échange de données,
• diffuser les recherches et leurs résultats.
Cet appel à propositions s’inscrit dans la poursuite de ces objectifs. Il s’adresse aux chercheurs des sciences de la vie, de l’environnement et de la société qui intègrent la question de la variabilité et du changement climatiques dans leurs recherches pour le développement.
Cet appel à propositions vise à élaborer des schémas de compréhension des processus des interactions nature-sociétés dans les sociétés et les écosystèmes ouest-africains. Ces sociétés et écosystèmes ont déjà connu de fortes perturbations climatiques, en particulier de sévères sécheresses, dans un contexte simultané d’importantes mutations sociales et économiques (politiques d’ajustement structurel, libéralisation de l’économie, mondialisation, croissance démographique...). Les conditions d’exploitation des ressources, les modes d’occupation et de gestion des terres, les mobilités ont alors subi d’importants changements. Il s’agit maintenant d’analyser ces changements afin de mieux comprendre leurs liens avec le changement climatique et de mieux répondre aux enjeux et aux impacts de ce dernier.
Cet appel est ouvert aux institutions de recherche, centres régionaux d’application, universités et services nationaux seuls ou en consortium. Ces institutions devront être situées dans les pays d’Afrique de l’ouest suivants : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Tchad, Togo.
Ces institutions de recherche pourront présenter des projets en partenariat avec des institutions telles que des institutions de recherche, des ministères, des ONG, des organisations internationales, des associations locales. Les institutions partenaires pourront être situées dans les pays d'Afrique de l'Ouest cités dans la liste, en France, dans les pays de l’Union Européenne et du Maghreb (Maroc, Algérie Tunisie).
Les propositions devront clairement identifier une institution porteuse qui sera l’interlocuteur unique de RIPIECSA pour l’ensemble du consortium.
En soumettant votre projet, vous acceptez que toute forme de connaissance (données, publications sous toute forme de support, etc.) issue de cette recherche soit mise à la disposition de l’ensemble des équipes financées par RIPIECSA.
Une démarche interdisciplinaire. L’appel à propositions encourage l’étude des dynamiques des facteurs humains, écologiques et climatiques impliqués dans ces changements et l’identification des scénarios probables des évolutions futures. Dans tous les cas, il s’agit de prendre en compte dans l’analyse des risques pesant sur les ressources naturelles aussi bien les dimensions sociales et politiques que les facteurs climatiques, physiques, biologiques (biodiversité et ses potentiels) et ceux liés aux productions rurales (agronomiques, d’élevage). Il s’agit de formuler une méthodologie interdisciplinaire capable d’intégrer ces différents facteurs pour comprendre les mutations passées et en cours et pour formuler des outils d’aide à la décision pour accompagner les mutations futures.
Une mise en réseau des équipes . Seront soutenus des projets structurants présentant une forte interdisciplinarité et regroupant à l’échelle nationale ou régionale des équipes autour d’une problématique ou d’un objet de recherche communs. Dans l’esprit d’ouverture et de renforcement de la structuration de la communauté scientifique, les projets à forte valeur collaborative, y compris avec des chercheurs ou universités de France, des pays européens et du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) sont les bienvenus.
Un dialogue avec les sciences du climat . Les projets qui s’inscriraient dans la perspective de valorisation des systèmes d’observation ou d’expérimentation mis en place par les scientifiques du climat seront particulièrement encouragés. Il est donc demandé aux porteurs de projets de prévoir leurs besoins en données et en information ou scénarii climatiques et, dans la mesure du possible, de prendre dès maintenant contact avec les équipes de chercheurs des sciences du climat pour les impliquer dans la mise en œuvre du projet. L’objectif est d’encourager les chercheurs des sciences biophysiques et des sciences sociales à intégrer des données climatiques dans leur questionnement ou pour répondre à leurs besoins en données et échanges interdisciplinaires.
Un important volet formation. Chaque proposition devra faire figurer les besoins en formation utiles à la réalisation de son projet, avec le nombre de candidats et la nature de formations nécessaires (thèses, diplômes, stages). De même, il est nécessaire que la valorisation des recherches conduise à des actions de formation (enseignement, création de modules de formation).
La participation des décideurs et des représentants de la société civile. Le but de RIPIECSA est de fournir des éléments pour l’élaboration de pratiques et stratégies de gestion de la production rurale (agriculture, élevage) et de politiques publiques intégrant le changement climatique aux niveaux local, national et international. Aussi, la démarche de RIPIECSA est participative, c’est-à-dire que la recherche devra s’effectuer en partenariat avec les acteurs locaux et en connaissance des initiatives menées par les institutions gouvernementales. Il sera apprécié que le processus de la recherche appuie la démarche de mise en réseau des scientifiques avec les acteurs gouvernementaux et sociaux qui oeuvrent dans les domaines liés au changement climatique.
Les projets s’inscrivant dans une problématique de recherche pour le développement sont les bienvenus ainsi que ceux favorisant des dynamiques interdisciplinaires notamment celles identifiées lors de l’atelier de lancement. Les thèmes, les objets environnementaux, les sites, les échelles temporelles et spatiales qui peuvent être abordés sont volontairement très ouverts et diversifiés (se reporter au compte-rendu de l’atelier de lancement.
Le présent appel à propositions permettra le développement de connaissances, ainsi que d’outils scientifiques (bases de données, modèles, concepts, indicateurs, …) visant :
• l’analyse des processus – et de leurs interactions - qui sous-tendent le fonctionnement des systèmes anthropiques et naturels ;
• l’étude des conséquences environnementales, sanitaires, agronomiques, pastorales, sociales, économiques et politiques des modifications et transformations de ces processus et de leurs interactions ;
• le développement, le suivi et l’évaluation d'innovations techniques et de politiques d’intervention , selon des critères de pérennité, d’efficacité, de faisabilité, d’acceptabilité… . En particulier, seront étudiées les politiques d’atténuation et/ou d’adaptation par rapport au changement/variabilité climatiques, de gestion des ressources, etc. Les projets visant au montage de dossiers dans le cadre des négociations internationales (déforestation évitée, mécanisme de développement propre, échange de crédits carbone) sont également les bienvenus.
Les études des impacts climatiques sur l’évolution des écosystèmes et des systèmes sociaux permettront de créer une typologie des socio-écosystèmes en fonction de leur adaptabilité au changement climatique, en croisant les critères écologiques et les critères sociotechniques avec les critères sociaux ainsi que les dynamiques historiques ayant abouti à la constitution d’entités territoriales différenciées. Ces critères reposeront sur un bilan de la connaissance accumulée des impacts climatiques relatifs à l'évolution des écosystèmes et leur gestion ainsi qu'à l’évolution des systèmes sociaux et à la façon dont les sociétés de l’Afrique de l’Ouest ont réagi à la variabilité climatique. On tiendra compte des spécificités environnementales et sociales et des secteurs particulièrement critiques pour aborder la vulnérabilité des populations locales. Dans cette perspective, l'identification et la valorisation de données anciennes utilisables seront encouragées. Les notions de vulnérabilité (environnementale et sociale) et d’adaptation devront être discutées.
Plusieurs types de scénarios, que l’on pourra décliner aux échelles locales, régionales et internationales et que l’on tentera d’intégrer, évalueront les effets des changements globaux sur l’évolution des écosystèmes et les systèmes sociaux :
• l’étude des conséquences probables des scénarios de changement climatique à l’échelle locale sur les écosystèmes, et de leurs incertitudes, sur les ressources sur lesquelles s’appuient les habitants et sur la viabilité du milieu en termes agricoles, pastoraux, écologiques, d'adaptation technique et stratégique à l'échelle familiale, de mobilité des populations, de développement de maladies, etc.
• l’étude des conséquences probables des scénarios d’évolution des écosystèmes à l’échelle régionale, et de leurs incertitudes, sur les systèmes sociaux, la pression sur les ressources et une modification de la viabilité des milieux impliquant une réaction des populations. Des scénarios sur les aspects démographiques, l’évolution des droits et usages des ressources et l’apparition de nouveaux besoins seront encouragés.
• l’étude des conséquences probables des politiques publiques relatives au changement climatique sur les dynamiques des populations, et de leurs incertitudes, sur leur mode d’exploitation des écosystèmes et la constitution d’entités territoriales stabilisées.
Enfin, il importe d’élaborer des scénarios d’adaptation destinés à identifier les conflits territoriaux liés aux ressources, et prenant en compte les régimes de droits et les politiques d’usage des ressources, les conditions de diffusion des innovations, la perception que les populations ont de la variabilité ou du changement climatique. Une démarche comparative permettra de définir une méthodologie pour évaluer la résilience d’un socio-écosystème, c'est-à-dire sa capacité à maintenir sa viabilité face à des perturbations externes.
• formulaire de déclaration d'intention
• Budget
• Déclaration institution porteuse
• Déclaration institutions partenaires
Les propositions seront évaluées en fonction des critères présentés ci-dessous:
• Respect du format de soumission
• Cohérence d’ensemble du projet et faisabilité
• Pertinence scientifique et caractère innovant
• Caractère participatif du projet et possibilité de valorisation pratique des résultas
• Qualité, complémentarité et durabilité du partenariat scientifique (Mise en réseau)
• Adéquation du projet par rapport à la démarche de RIPIECSA
Date limite pour la réception des réponses : le 31 0ctobre 2007
Sélection des projets : fin de l’année 2007
Mise en œuvre et démarrage des projets : Janvier 2008
3 ans maximum (jusqu’à la fin de l’année 2010)
Mise à jour le 10 Août, 2010